Technique raku

Je travaille la terre, toujours du grès, que je préfère pour sa plus grande résistance au choc thermique de la cuisson “raku”.

Je monte mes formes à la plaque, que je modèle en forme de boule, cône...
Quand ces formes atteignent une consistance “cuir”, légèrement rigides, je les assemble pour former corps, queue, cou, tête de l’animal. J’ajoute tous les éléments de décor, pattes, bec, etc.

Les pièces doivent être parfaitement assemblées, car le choc thermique très rapide et violent qu’implique la cuisson au four raku exige une grande solidité, sinon la sanction immédiate est la casse !

Les pièces doivent ensuite sécher lentement un minimum de quinze jours, avant d’être cuites dans un four traditionnel électrique à une température de 1030°.

Ensuite, je les émaille, au petit pinceau pour les décors les plus fins.

La cuisson “raku” s’effectue dans un autre four, très artisanal celui-ci. Les pièces tièdes sont enfournées et la température est montée en une quarantaine de minutes à environ 1000°. Les pièces sont alors retirées du four à l’aide de longues pinces, et disposées dans des récipients métalliques fermés hermétiquement ; on recouvre les pièces de sciure, laquelle va dégager une épaisse fumée, les parties des pièces qui n’ont pas été émaillées vont se colorer en noir mat. Pour moi, l’intérêt du raku vient de ce contraste entre les couleurs éclatantes des émaux, et la matité de ce noir qui va exalter ces couleurs.
Les pièces sont sorties des récipients au bout d’un quart d’heure, et mises à refroidir.
Vient ensuite la partie la plus ingrate du travail, puisqu’il faut gratter les pièces au tampon abrasif pour enlever la sciure collée sur l’émail. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on peut juger du résultat.



 
Les pièces aspect bronze (chevaux, taureaux, etc.) sont en grès.
Après cuisson au four électrique à 1200°, elles sont recouvertes d’une patine bronze.